Les antidépresseurs pendant la grossesse augmentent le risque d'autisme chez les enfants

Les antidépresseurs pendant la grossesse augmentent le risque d'autisme chez les enfants

La probabilité d'une maladie autistique due aux antidépresseurs pendant la grossesse est considérablement augmentée
La prise de médicaments pendant la grossesse est souvent associée à des risques importants pour l'enfant à naître. Une étude récente a montré que l'utilisation d'antidépresseurs pendant la grossesse entraîne un risque accru d'autisme chez les enfants. L'équipe de recherche dirigée par le Pr Anick Bérard de l'Université de Montréal conclut que la prise d'antidépresseurs au cours du deuxième ou du troisième trimestre de la grossesse double le risque d'autisme. En particulier, si les mères prennent des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les enfants courent un risque considérablement accru d'autisme, selon les chercheurs.

Les causes de l'autisme n'ont pas encore été clairement clarifiées, mais des corrélations claires ont été démontrées pour divers facteurs environnementaux et prédispositions génétiques. Compte tenu de la prescription croissante d'antidépresseurs aux femmes enceintes aux États-Unis, les chercheurs de leur étude actuelle se sont maintenant demandé si les antidépresseurs pouvaient avoir un impact sur le risque d'autisme. Leurs résultats ont été publiés dans le magazine spécialisé "JAMA Pediatrics".

Près de 150000 grossesses évaluées
Les scientifiques du Pr Bérard ont étudié l'effet des antidépresseurs sur le risque d'autisme chez les enfants à partir des données de l'étude «Québec Grossesse / Enfants Cohorte» portant sur près de 150 000 grossesses. En plus des informations sur l'utilisation des antidépresseurs, il a également collecté une multitude d'autres données pouvant avoir un impact sur le risque d'autisme, comme une prédisposition génétique, l'âge de la mère et des facteurs socio-économiques. Même en tenant compte de ces facteurs d'influence, selon les chercheurs, il existait un lien significatif entre le risque d'autisme et l'utilisation d'antidépresseurs au cours des deuxième et troisième trimestres de la grossesse. La recherche s'est concentrée sur cette période, car le développement cérébral de l'enfant est particulièrement sensible aux influences extérieures pendant cette période, explique le Pr Bérard. Jusqu'à l'âge de sept ans, la santé des enfants a été surveillée et la survenue de troubles autistiques a été enregistrée.

Le risque d'autisme a doublé
Selon leurs propres informations, les chercheurs ont établi un lien statistique clair entre l'utilisation d'antidépresseurs pendant la grossesse et les maladies autistiques diagnostiquées chez les enfants. Bérard et ses collègues écrivent que la prise d'antidépresseurs au cours du deuxième ou du troisième trimestre de la grossesse double presque le risque que l'enfant développe l'autisme à l'âge de sept ans. Les résultats sont particulièrement pertinents, puisque six à dix pour cent des femmes enceintes aux États-Unis sont traitées avec des antidépresseurs pour la dépression. Parmi les enfants de l'étude, 1 054 ont développé un trouble autistique (0,72% des participants à l'étude), les personnes touchées étant âgées de 4,5 ans au moment du diagnostic. Près d'un tiers des enfants autistes avaient des mères qui prenaient des antidépresseurs pendant la grossesse.

Augmentation des maladies de l'autisme
En général, selon les chercheurs, la prévalence de l'autisme chez les enfants est passée de quatre à 100 enfants sur 10000 depuis 1996. Cette augmentation est due en partie à une meilleure reconnaissance et à des critères de diagnostic plus clairs, mais selon les experts, certains facteurs environnementaux liés aux maladies ont également changé. L'augmentation de la prescription d'antidépresseurs chez la femme enceinte est évidemment l'un de ces facteurs. Il semble plausible que les ISRS en particulier provoquent une augmentation drastique du risque d'autisme, "car la sérotonine est impliquée dans de nombreux processus de développement prénatal et postnatal, y compris la création de connexions entre les cellules cérébrales", a déclaré le Pr Bérard.

Les antidépresseurs ont-ils du sens malgré le risque?
Malgré le lien avéré entre la prise d'antidépresseurs pendant la grossesse et le risque d'autisme chez les enfants, les chercheurs pensent que la prescription peut avoir un sens car la dépression peut poser de graves risques pour la vie de la mère et de l'enfant à naître. Les antidépresseurs devraient continuer à être prescrits pendant la grossesse. Mais une meilleure compréhension des effets à long terme sur le développement des enfants est ici urgente, soulignent le professeur Bérard et ses collègues. (fp)

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